Chenu Pierre (1917, Toulouse – 1996, Clamart)
Sous-Lieutenant, 3ème Escadron, 4ème Peloton. Lieutenant en premier, chef de Peloton, chef de char Hotchkiss. Equipier : Robert Vincent
… Le sous-lieutenant Chenu et les aspirants Deymier et Duboÿs sont volontaires pour être de simples chefs de char…
Les combats que le lieutenant Chenu mène après le 12 mai et avant sa blessure grave du 23 mai, sont listés de façon somaire sur la dernière page de son journal de guerre. De surcroît, nous en présentons certains sous forme d’épisodes extraits des 2 tomes d’Erik Barbanson.
Notes du lieutenant

On peut noter :
- une participation à la bataille de Walhain-Saint-Paul tout comme Deymier, Cadis,…
- une mention des combats de Marbais qui coûteront la vie du MDL Cyrille Burger
- un replis en direction du canal de Charleroi
- le 17 mai, passage par le bois de Familleureux où se rassemble la Division ainsi qu’un conseil du Régiment au Roeulx. Formation de l’escadron de Geffrier.
- une mention de Dainville le 21 mai
- une mention du combat de Neuville-Saint-Vaast en date du 22 mai (également mentionné par Risacher) où le lieutenant est blessé. Sorti de son char afin d’assurer la conduite du peloton qui subit le bombardement d’avions allemands, il est heurté par son propre char. Très gravement blessé, il est emmené par son régiment jusqu’à Dunkerque mais, trop blessé pour pouvoir embarquer, il est laissé sur une plage où les allemands le trouvent. Avec le statut de captif, Pierre Chenu est évacué vers un hôpital de campagne en Belgique (Malines). Il y est soigné pendant 2 mois. Le 27 juillet 1940, il fausse compagnie au personnel infirmier en prétextant acheter des cigarettes. Réquisitionnant une voiture, il parvient jusqu’à Bourges où à la surprise générale, il sonne à la porte de la maison familiale.
S’agissant du regroupement effectué les 16-17 mai dans la région du Roeulx, figure ci-dessous un document tout à fait exceptionnel conservé par la famille du lieutenant. Il s’agit de l’ordre de regroupement qui a été rédigé au P.C. du 2ème groupe d’escadrons le 16 mai à 14h45. L’auteur est indéterminé. Les destinataires sont le Lt Vié et le Lt Chenu. La participation de l’aspirant Duboÿs est requise pour la reconnaissance et le jalonnement. Le départ est prévu à 16h30.

Texte emprunté à la page consacrée à Robert Vincent, conducteur du sous-lieutenant Chenu

Le Hotchkiss n°66 du 2ème Cuirassier attribué au sous-Lt Chenu sur la ligne de départ du 10 mai. La photo provient du site Chars Français. Notez la présence de l’antenne TSF propre aux chefs de peloton. Le char est déchenillé côté droit. De fait, le conducteur Vincent signale bien un problème de chenille dans son journal de guerre : « 14 mai. Chenille handicapée et dirigé sur Hevillers. 15 mai 1940. Départ de MONT-SAINT-GUILBERT pour WAGNELEE par VILLERS-LA-VILLE ; à MARBAIS le char reste en panne chenille cassée. De WAGNELEE je reviens … chercher le char en remorque. Part en side-car … ». Il semble que l’équipage Chenu-Vincent n’existe plus dès cet évènement. Le Lt Chenu passe probablement sur un autre char de son peloton. La suite du parcours du Lt Chenu jusqu’à sa blessure du 23 ne semble pas coïncider avec ce que raconte Robert Vincent.
Erik Barbanson, “Les 2° et 3° divisions légères mécaniques” Tome 2, P29.
17 mai.
Les 1er et 2e cuirassiers se regroupent dans l’après-midi dans un bois au nord de Roeulx. Les chars disponibles sont répartis au sein du groupement du capitaine de Geffrier (Hotchkiss) : Pelotons Depinay et Lagarde du 1er cuirassiers et Chenu et Sentis du 2e cuirassiers et du groupement des capitaines Hardoin et Ameil (Somua); pelotons Dorance du 1er cuirassiers et Lositsky du 2e cuirassiers. A la nuit, les chars réparables, placés aux ordres du lieutenant de Roffignac, sont dirigés sur Aniche où se trouve l’essentiel de l’ERD.
Erik Barbanson, “Les 2° et 3° divisions légères mécaniques” Tome 2, P69.
22 mai.
Les chars des 1er et 2e cuirassiers et du 11e RDP forment maintenant un unique groupement, dont voici l’organisation :
– capitaine de Beaufort : un somua
– Lt Dorance (1 Cuir) : quatre S35
– Lt Chauveau (2 Cuir) : quatre S35 (3 du 1er escadron; un du 2ème)
– ss-Lt Lagarde (1 Cuir) : six H39
– ss-Lt Sentis (2 Cuir) : 5 H39 du 4ème escadron plus un du 11RDPLe sous-lieutenant Chenu et les aspirants Deymier et Duboÿs sont volontaires pour être de simples chefs de char. Les équipages sans engin forment une infanterie d’occasion avec des mitrailleuses Reibel récupérées.
